Sport d’hiver : le ski de randonnée, un shot de nature

sport d'hiver
Croix sport d hiver
La croix sommitale est utilisée pour marquer le sommet d’une montagne

En terme de sport d’hiver, le ski de randonnée est sans aucun doute mon favori. Impossible de rester insensible lorsque chaque effort est récompensé par un panorama à couper le souffle. 

Habituellement je skie en station. On s’arrête de temps à autre pour écouter ou observer le paysage mais l’objectif du ski alpin est d’arriver en haut vite pour faire un maximum de descentes. C’est pourquoi j’apprécie d’autant plus le ski de randonnée : on se balade sur la montagne, loin de tout le monde. Les limites que les stations de ski imposent n’existent pas ici. C’est une vraie aventure n’appartenant qu’à notre petit groupe, à travers une nature où tout paraît vierge, comme si jamais personne n’avait encore foulé ce sol.

Premiers ressentis

À la base, j’étais plutôt sceptique. Impossible de concevoir que cette activité puisse surpasser le ski alpin que je pratique depuis mes 4 ans. Mais j’en suis tombée amoureuse dès la première journée.

Il est difficile d’expliquer la satisfaction qu’on éprouve une fois arrivé tout en haut de la montagne, là où aucun télésiège ne peut vous emmener. Pendant des heures, on ne compte que sur ses jambes. Le rythme lent de l’ascension mêlé à un effort répété plonge notre esprit dans une attention flottante. On pense à soi et l’on se retrouve avec soi, dans l’effort. 

Au sommet, voilà ce que j’ai en tête «ok, je suis sur le toît du monde » ! On respire cet air inconnu face à un panorama immense, s’en est vertigineux et c’est une joie pour les yeux. On est dans cet autre monde, celui qu’on a découvert, situé juste au-dessus des nuages.

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Première sortie

La première fois que je suis arrivée à « la croix » j’ai paniqué. Premièrement, ce n’est pas du tout facile de l’atteindre. Deuxièmement, j’ai un peu le vertige. Étant donné que nous étions encerclés de ravins, j’ai réellement cru finir engloutie par le vide. Je ne vais pas mentir, j’ai craqué une petite larme et ai réuni ce qu’il me restait de courage pour dépasser ma peur. Mais soyons clairs, c’est difficile d’arriver là-haut, cela peut être dangereux. Il faut être en bonne condition physique.

Équipement

Le ski de randonnée, en tant que sport d’hiver, nécessite un équipement particulier. Les skis eux-mêmes ont des fixations spécifiques. Elles se distinguent des fixations de ski alpin par le talon libre. En effet, on peut soulever les talons lorsqu’on monte alors qu’en descente ils sont totalement fixés au ski.

Les peaux de phoque (synthétiques) sont des peaux autocollantes coupées sur mesure pour les skis. Elles permettent de ne pas glisser en arrière facilitant ainsi la montée. On retire les peaux juste avant la descente. Les chaussures sont flexibles pour accompagner la cheville lors de la montée. Les bâtons aident à garder l’équilibre et à bien avancer. Derniers indispensables de l’équipement de ski de randonnée : les accessoires de sécurité. L’ARVA émet des fréquences qui permettront de vous retrouver en cas d’accident ou d’avalanche.

En ce qui concerne le textile, je choisis des vêtements respirants et les empile par couches. Je porte un t-shirt thermique à manches longues (1ère couche), une veste polaire (2e couche) et un manteau coupe-vent (3e couche) que je peux mettre dans mon sac à dos. J’ai un pantalon de ski léger et plutôt stretch, des gants et un bonnet. 
On transpire souvent mais, dès que l’on s’arrête 5 minutes, le froid est saisissant. C’est pourquoi il ne faut pas sous-estimer l’importance de chacune des couches. D’une manière générale, quelque soit le sport d’hiver sur lequel vous aurez jeter votre dévolu, l’équipement reste une partie importante. Certes c’est d’abord une question de sécurité, mais les sensations éprouvées avec du matériel de qualité peuvent également rendre votre expérience incomparable.

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Conseils pour l’ascension

Au départ…

Avant d’entamer l’ascension, il faut configurer les chaussures et les skis en mode montée et placer les peaux. Les chaussures, dans cette modalité, vont donner une plus grande liberté de mouvement à la cheville.  Attention à choisir la bonne taille sinon vous souffrirez l’enfer !

J’emporte aussi un sac à dos pour y mettre de l’eau, des snacks et par la suite, les vêtements que j’enlève durant l’ascension. 
On est souvent très excité lors du départ, mais c’est important de ne pas commencer à 1000 km/h ! Lors de ma première montée, je me sentais très en forme et finalement, au quart de l’ascension, j’étais déjà HS. Le jour suivant, j’ai bien réfléchi avant de partir 🙂

Un voyage qui commence grâce à son imagination

Il arrive parfois de se retrouver dans des moments difficiles. On voit le sommet si loin qu’il paraît inatteignable. 4 à 5 heures de marche peuvent avoir raison de votre enthousiasme. On commence à douter de ses capacités à terminer le trajet…

Pour arriver au point le plus haut de la montagne il faut une bonne dose de courage, mais aussi de la légèreté et de l’imagination. C’est seulement en visualisant les paysages dont on pourra profiter qu’il est possible de convaincre nos corps de continuer d’avancer.

Un sport d’hiver technique

Pendant la montée il est possible de configurer ses fixations de plusieurs façons selon l’inclinaison de la montagne. Lorsqu’elle est un peu raide, on ajoute un petit talon. Lorsqu’elle sera très raide on en ajoutera un autre. Les endroits où il n’y a pas de pente, il faut tous les ôter. Les petits talons servent à favoriser la poussée et le mouvement de la jambe et du genou.

En ce qui concerne la démarche, les endroits peu pentus sont très simples à skier. On avance tout droit presque comme en randonnée. Les skis sont pensés exprès ainsi, le talon se soulève offrant une plus grande liberté de mouvement à la jambe. Quand la montagne devient plus escarpée, il faut avancer en zig-zag ; 30-50 mètres à droite puis la même chose à gauche.

Les moments critiques sont les virages. En effet, il faut exécuter un mouvement spécifique qu’on appelle la conversion. Pour se faire on place ses skis aussi parallèles que possible à la montagne, puis on tourne le ski placé en haut de la pente dans la direction opposée en essayant de le garder parallèle mais dans l’autre direction. A ce moment là les skis indiquent des directions opposées. Il faut ensuite garder le poids du corps sur le pied que l’on vient de tourner et retourner rapidement l’autre. Honnêtement, je voyais ça comme un mouvement plutôt  facile à réaliser mais, en réalité, c’est assez complexe ! 

En ski de randonnée on est libre d’aller où bon nous semble. Attention tout de même à ne pas trop défier la nature. Il y a souvent des risques d’avalanches, préférez donc partir avec un guide.

Ces moments que seul le sport d’hiver vous procure

Partager des émotions signifie les vivre plus à fond

Il y a quelque chose de magique à se balader à travers les sapins enneigés d’une montagne. Dans la solitude de l’effort, la nature environnante apparaît comme un compagnon fidèle. On vit des moments intimes et profonds. On prend confiance petit à petit puis on touche à une autre dimension émotionnelle, celle de la sérénité et de la tranquillité. 

Je pense que ces expériences en milieu hostile et magnifiques fortifient nos esprits et créent de solides liens. Partager ces aventures avec quelqu’un est l’un des meilleurs cadeaux qu’on puisse se faire. Il se crée un lien particulier, caractérisé par le sentiment d’avoir vécu un moment spécial ensemble. Chacun fait son expérience à sa façon mais, un point de vue différent sur une même chose enrichira votre propre expérience. 

Ne montez pas pour vous faire remarquer du monde, mais plutôt pour le découvrir

Un peu avant d’arriver à “la croix”, symbole du point le plus haut de la montagne, on songe à l’admiration des autres. Il est vrai qu’une part de la motivation qui pousse l’homme à monter, est liée au désir d’achever quelque chose d’extraordinaire. Arrivé au sommet, l’envie d’obtenir l’admiration de son prochain se dissipe rapidement.

Ici, le paysage est spectaculaire et nous emporte loin de toutes pensées pendant quelques instants. Il nous offre la capacité de poser un regard neuf, une nouvelle perspective, de celles qu’on ne pourrait pas avoir sur « terre ». 

On souhaite emporter ce moment avec nous en prenant quelques photos …  La beauté est telle, qu’on ne peut pas la laisser ici. On voudrait en ramener un peu, avec nous, à la maison. On songe à arrêter le temps. On commence à comprendre que tout ceci est vain. On perçoit la fugacité du moment qui se joue, pour se décider enfin à l’apprécier puis l’abandonner. 

La montagne offre à l’homme la possibilité de réaliser son désir de conquête, mais finalement, arrivé au sommet, c’est le voyageur qui se laisse conquérir par le spectacle prenant place sous ses yeux.

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